Voilà mon blog, pour vous montrer un peu l'avancement de mon projet de livre et recueillir vos avis!
Peace

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)

19/07/2010

Pub!

En attendant le prochain post, la fin du chapitre second (qui devrait arriver dans la soirée en principe) je fais un peu de pub pour une nouvelle histoire qui avancera p'tet bien plus vite que la mienne, et qui en tout cas commence bien! Alors visite mon chou!

20/06/2010

Histoire (Chap 2: 1.3)


Désolé pour l'attente, le bac tout ça vous savez hein... (comment ça excuse bidon?)


Le répit n’aura été que de courte durée. Quelques heures à peine ne se sont écoulées avant que je ne me réveille en nage. Si la douleur m’a presque entièrement quitté grâce aux nanotechs, je me réveille plus fatigué encore qu’avant la nuit, mes songes n’avaient rien de reposant et encore moins d’agréable. Je suis resté plusieurs semaines cloitré chez moi en attendant mon procès, chaque issue surveillée par la milice. Trois longues semaines durant lesquelles mes journées étaient peuplées de doutes et d’incertitudes tandis que mes nuits loin d’être reposantes étaient pleine de cauchemars. Parmi eux, celui qui cette nuit m’a une fois de plus réveillé. Sans cesse cette salle aux parois, sol et plafond rouge vifs, parait-il pour masquer d’éventuelles taches. Je suis assis sur un tabouret au milieu de cette grande pièce, les mains liées dans le dos. J’essaie de respirer mais l’air est rare et ma respiration est rauque et ma vision trouble, il y a juste assez d’oxygène pour me maintenir éveillé. A travers les larmes qui bordent mes yeux mi-clos je distingue les contours de mon corps, je suis nu, et de grandes trainées violettes strient ma peau laiteuse. Deux geôliers entrent, un micro-respirateur intégré à leurs tuniques épaisses. Le premier s’avance, serrant un petit objet dans sa main ; l’autre reste près de la porte, nonchalamment adossé au mur. Mon regard se reporte sur le premier, et sur sa main serrée. Quelques secondes avant qu’il ne l’enclenche je comprends ce que c’est. Alors qu’il appuie sur le manche, un rai de lumière souple semble couler du manche jusqu’à se lover au sol. L’air crépite autour de ce fouet de lumière rompant le silence pesant de la pièce. Sans même m’interroger ou prononcer quelconque parole il lève le fouet et l’abat avec force sur mes jambes, mon torse et mon dos évitant, sans que je comprenne pourquoi, de meurtrir mon visage. Malgré les coups qui pleuvent sur moi, je ne frémis pas, je suis comme hors de mon corps et assiste à la scène en spectateur. Un liquide épais coule de mes plaies qui s’accumulent, les nouvelles venant s’ajouter à celle plus anciennes qui se rouvrent car n’ayant pu cicatriser. Je perds conscience, mes yeux se ferment. S’ouvrent à nouveaux. Cette pièce, encore. Ils sont trois. Deux me maintiennent plaqué au sol tandis que le troisième se penche avec une seringue au contenu fluorescent. Au moment où l’aiguille me touche, je me réveille. Chaque nuit, sans exception. Ils m’ont tant fait ingérer de drogues pendant mes interrogatoires que depuis je ne peux plus séparer la réalité de la fiction. Peut-être cette pièce n’existe-t-elle que dans mon esprit. Mais je ne pense pas, bien que mon corps n’ai pas gardé de traces de ces coups qui me réveillent soir après soir.
Je m’extirpe du coussin nuage et me fraye un passage parmi les câbles au sol pour accéder au conteneur suivant qui fait office de salle de bain. J’allume la douche et reste là un long moment à sentir l’eau couler sur moi, me lavant de la sueur qui perle sur ma peau. Après de longues minutes sous cette pluie brulante je me sèche et reste là à me contempler dans le miroir. Mon métabolisme a grandement changé depuis que je me suis injecté ces sérums, ma silhouette autrefois fine et fragile c’est élargie, mes épaules sont plus larges, sous ma peau tendue les muscles roulent à chacun de mes mouvements. Mon visage lui-même est devenu plus carré et ma peau s’est légèrement assombrie. Du garçon hésitant et timide que j’étais encore il y a quelques mois il ne reste plus grand-chose, ces changement du physique reflètent bien les changements internes qui ont survenu en moi. Aujourd’hui déterminé et volontaire, je me rends compte qu’il y a peu jamais je n’aurai même envisagé une telle évasion et encore moins été capable de la mettre en pratique. Je m’habille rapidement et m’installe sur un des rare bureaux de libre et sur une feuille blanche commence à noter tous ce dont j’aurai besoin, en plus d’une chance phénoménale évidemment. Après avoir noirci la feuille de haut en bas tant au recto qu’au verso, une main se pose sur mon épaule me sortant de la torpeur vers laquelle je glissai doucement.
-Fais donc une pause, viens prendre un café avec moi, ça fait bientôt cinq heures que tu tartines tes âneries sur ce pauvre bout de papier. Et en plus, tu ne crois pas qu’il y a assez d’ordinateurs ici pour écrire ça à ta place ? Je sais bien que t’as toujours été un peu ringard mais la quand même…
-Je suis ton homme ! Enfin tu m’as compris…
Soft part dans un grand rire avant de m’emmener dans le dernier conteneur, le plus éloigné de l’entrée. C’est une cuisine assez simple et peu moderne, comparé au niveau technologique des autres pièces. La cafetière pourrait avoir appartenu à ma grand-mère sans parler du grille-pain. Une petite table est posée contre la paroi du fond dans laquelle a été découpée une sorte de petite fenêtre depuis laquelle j’aperçois toute l’ancienne zone industrielle, depuis longtemps tombée en désuétude. Je prends place en face de mon ami et déguste avec plaisir ce café, son arôme porte en petit avant-gout de liberté des plus appréciables. Après quelques minutes passée à copieusement insulter ce système et ses acteurs et plusieurs tasses asséchées, Soft me pose la question qui, je le sens bien, lui trotte dans la tête depuis hier soir.
-Alors, qu’est-ce que tu comptes faire maintenant, et comment puis-je t’aider ?
Je retiens un instant mon souffle.
-Je veux sortir et j’ai besoin d’une diversion.
-Sortir ? Sortir sortir ? Ou sortir…
-Sortir, dehors.
-Et tu veux que je fasse diversion c’est ça ?
-J’espérais que tu acceptes oui.
-Foutre Dieu je veux bien mais tu sais que je ne cours pas bien vite, regardes moi un peu.
-Je ne pensais pas à de la course, plutôt à un petit court-circuit.
-Petit ?
-Gigantesque…
-Bordel de merde MoZD tu me lance un défi là ! Je suis avec toi, à une condition.
-Qui est… ?
-Je veux tâter de tes sérums, pouvoir bouger un peu me ferai du bien.
-Marché conclu !

18/05/2010

Soft


100 visites, ça relève du miracle pour moi. Alors pour fêter ça je me suis sorti les doigt du... nez (?!), et j'ai enfin posté.
Pour la route un petit dessin de Soft ( de moi, d'où la qualité bien plus douteuse que d'hab')
Merci à tous :)

Histoire (Chap 2: 1.2)

Le trajet se déroule sans incident, je croise seulement une brigade de la milice qui patrouille, mais elle passe sans me voir, et j’arrive bientôt près de la décharge. Je tente de me remémorer le plan du quartier que j’ai appris par cœur il y a environ un mois, et bifurque à gauche, passe deux ruelle sans m’arrêter avant de m’engager dans la troisième. Un peu plus loin, un grand bâtiment marque la fin de l’allée. De vieux néons grésillent au-dessus d’une grande porte de garage ou la peinture s’étaient écaillée, cédant la place à la rouille. Les néons en forment de lettre ont pour la plupart été volés, pour ne laisser de anciennement prestigieuse marque Asheston que les lettre A.S.S. Je soupire, ce doit être ici. J’entre prudemment dans l’usine, ne sachant pas ce que qu’y peut s’y terrer. Une nouvelle fois, je me maudis d’avoir oublié de prendre une lampe, et reste donc un moment à scruter les ombres avant de me diriger vers un monte-charge d’un autre âge. A ma grande surprise, l’appareil se met en branle lorsque je pose ma paume sur l’écran tactile de contrôle. Les grincements de la vieille plateforme se répercutent sur les murs de béton décrépis, créant un vacarme d’enfer ; tant pis pour la discrétion. Arrivé sur la passerelle la plus haute, je longe les murs avant de trouver une échelle de sécurité que j’emprunte sans hésiter.
Sur le toit, cinq grands conteneurs sont posés côte-à-côte. Quatre sont solidement condamnés par de lourdes barres de métal soudées, mais le cinquième, tout à droite, semble seulement fermé manuellement. Je m’approche avec circonspection ne sachant quelle attitude adopter. Oui c’était mon ami, mais cela fait presque quinze ans que je ne l’ai pas vu, et il est fort probable qu’il n’apprécie pas que je fasse irruption chez lui à l’improviste, exactement comme je m’apprête a le faire. Je frappe délicatement à la porte en métal, pas de réponse. J’insiste, frappant plus fort cette fois-ci, mais n’obtient toujours pas de réponse. Je pousse finalement la porte qui s’ouvre sans bruit. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais surement pas à ça. La pièce ressemble à une salle de contrôle de la NASA comme on voit dans les vieux films de l’ancien monde. Des ordinateurs et autres moniteurs sont entassés les uns sur les autres, affichant des informations TV, des lignes de codes incompréhensibles, d’étranges symboles et d’autres bizarreries. Mon ami se trouve au fond de la pièce, penché sur son écran, un casque sur les oreilles ; il ne semble pas avoir remarqué mon arrivée. Je ferme la porte et m’approche doucement, essayant d’enjamber les câbles qui jonchent le sol de la pièce, et lui effleure l’épaule pour ne pas le faire sursauter.
Bien que j’aie mis toute la délicatesse dont j’étais capable dans mon geste, ce simple contact provoque chez lui une réaction pour le moins inattendue. En effet, à peine ai-je touché son épaule qu’il rejette son casque sur le bureau duquel il s’écarte d’un violent coup de pied qui envoie son fauteuil-nuage à l’autre bout de la pièce. Après quelques seconde d’hésitation dans un silence pesant, il semble me reconnaître, malgré les années et mes vêtements pour le moins inhabituels.
- Bon Dieu de merde MoZD c’est toi ? J’ai failli crever de peur avec tes conneries, ça fait bien dix ans Gringalet !
- Quinze ans Soft, quinze ans… La fin de l’Académie.
Soulagé de la tournure que prennent les événements je souris et l’examine de la tête aux pieds. Il n’a pas tellement changé avec ses cheveux courts, ses yeux bleus s’agitant sans cesse et son langage châtié. Les seules différences viennent de sa barbe et de son ventre qui ont un peu grandi, si l’on peut dire. Eric Madhol, surnommé Software, puis Soft en raison de sa passion précoce pour l’informatique. Pendant près de cinq années nous avions étés inséparables, puis nos carrières respectives nous avaient séparés et nous nous étions perdus de vue. Il y a quelques mois, lorsque la milice commença à s’intéresser d’un peu trop près à mes travaux sur les modifications génétiques, je me suis mis à élaborer un plan pour disparaître si le besoin s’en faisait sentir, et grâce au matériel à ma disposition, je pu localiser l’usine, bien qu’il ait effacé son nom des listes de recensement et fait disparaître toute trace de son existence, car je connaissais son surnom, pour le lui avoir moi-même attribué. Soft est désormais un pirate informatique célèbre pour avoir a deux reprise pénétré l’infosphère du gouvernement, mais tout le monde ignore encore aujourd’hui qui il est, sauf moi.
- Un putain de revenant ! Tu veux une bière ? Assieds-toi tu me fous des crampes à rester debout comme ça.
Sans attendre de réponse il sort quatre bières du petit frigo situé sous son bureau et m’en tend deux. Je les prends avec gratitude et m’installe dans un second fauteuil nuage en face de mon ami, soulagé d’être assis après la journée que j’ai passé.
- Bon je vais être franc avec toi, ce n’est pas uniquement par nostalgie que je suis venu te voir, j’ai besoin de toi.
- Vraiment ? Je suis déçu, moi qui pensais que tu voulais juste boire une bière en évoquant les souvenirs d’enfance dans cette foutue prison. Je sais bien que tu as besoin de moi ; et avant que tu poses la question, bien sûr que j’accepte de t’aider. Non seulement parce que ça me fait plaisir, mais aussi parce que je te dois bien ça pour toutes les fois où tu m’as aidé.
- Ta réponse m’enchante, mais réfléchis-y bien. Je suis un fugitif recherché par la milice, m’abriter et m’aider sera dangereux, et je veux que tu sois bien conscient des risques avant d’accepter.
- C’est d’avoir perdu du sang qui te rend idiot ?
Il désigne mes bras et mes jambes couverts de plaies ainsi que mes mains écorchées.
- Techniquement je suis plus dangereux pour toi que toi pour moi MoZD. Je suis hors-la-loi depuis plusieurs années déjà, et je le vis plutôt bien. Alors rassure-toi, ce n’est pas ta présence qui va aggraver ma situation. Et puis… Je commençais à m’ennuyer ferme !
- Effectivement vu comme ça…
- Tu a l’air d’un con, complète-t-il un sourire moqueur aux lèvres. Allez, fini cette bière et amène-toi que je te nettoie ces plaies. Pendant ce temps-là tu me raconteras comment elles sont arrivées là.
Et tandis qu’il m’injecte les nanotechs de guérison, je lui raconte comment je me suis échappé sur le trajet vers le tribunal et ma fuite sur les toits. Il manque de s’étouffer de rire lorsque je lui raconte l’origine de mes vêtements et l’existence du petit mot d’excuse pour leur propriétaire. Une fois les injections faites, sur le conseil de mon ami, je vais me coucher sur un nuage qu’il modèle rapidement en matelas, afin de laisser aux nanotechs le temps d’agir.
Le nuage est assez vieux et se creuse lorsque je m’y installe. Outre ce léger inconfort, ce lit est pour moi presque salvateur, et bien vite je sens le sommeil me gagner.

27/04/2010

Histoire (Chap 2: 1.1)

Je me jette sur le côté et me plaque contre l’angle du bâtiment. L’air crépite à une décivale à peine de mon oreille lorsqu’une décharge électrique me manque de peu.
-Les chiens ! Ils utilisent des immotroxs.
Ces fusils, dont les cartouches chargées en électricité plongent la cible dans un coma profond, peuvent même tuer sur le coup si l’on est touché à la tête. Et c’est manifestement ma tête qu’ils visaient. Je me retourne et cours vers l’échelle de sécurité un peu plus loin dans la ruelle. Si j’arrive là-haut, j’ai une chance de leur échapper, ce qui serait plutôt plaisant. Je gravis les derniers échelons lorsque les agents de la milice entrent dans la ruelle et qu’un portevoix se met à hurler.
-Détenu MoZD Vous êtes pris au piège, l’immeuble est cerné, rendez-vous immédiatement !
Détenu ? Plus pour longtemps j’espère ! Lorsque je me penche sur le rebord, mes poursuivants commencent à gravir l’échelle à leur tour, ralentis par leur uniformes de protection et leur lourds fusils. Ma vitesse, mon agilité et ma légèreté sont mes seuls atouts dans cette fuite, il faut que j’en fasse usage si je veux m’en sortir entier. Je traverse le toit en courant et m’élance vers un toit voisin, et de là saute vers un autre encore, avant que mes poursuivants n’atteignent le haut de l’échelle. Malgré leur entrainement intensif, ils hésitent un moment avant de se lancer à ma poursuite. Ces instants d’hésitations sont immédiatement mis à profit puisque j’ai déjà à plusieurs immeubles d’avance lorsqu’ils se décident à me suivre. Mais dans ma course j’ai obliqué vers le nord-ouest sans m’en rendre compte, vers les quartiers résidentiels, séparés du quartier des affaires dans lequel je me trouve par une large voie où se croisent de nombreux tramway lancés à une vitesse folle, qui me sépare de ma liberté, même si elle ne sera que provisoire. Coup d’œil en bas. Si je tombe avant d’atteindre le bâtiment de l’autre côté, je mourrai écrasé. Regard en arrière. S’ils attrapent ils me tueront sur place ou me mettrons en prison à vie. Si j’arrive de l’autre côté je pourrai me cacher, faire de faux papiers et continuer à vivre paisiblement, en apparence tout du moins. Pas le temps de réfléchir, je prends mon élan tel un coureur de sprint en m’appuyant sur le rebord derrière moi, traverse le toit à toute vitesse, et en m’aidant de la petite corniche saute dans les airs. Si la peur donne des ailes, je voudrais que le monde entier sache que je suis absolument terrifié. Je suis presque à l’horizontale désormais, planant au-dessus du vide dans un saut rendu spectaculaire par la force que m’octroie l’adrénaline qui coule dans mes veines, mais pas seulement. Chercheur dans les laboratoires de chimie appartenant à la milice, j’ai eu l’occasion de mettre au point divers sérums permettant d’accroitre vitesse, force, endurance, et de les tester sur moi. Les tests furent concluants. Tellement concluants que la milice voulut mettre la main sur mes travaux. J’ai préféré détruire mes recherches plutôt que de leurs laisser, et c’est ainsi que j’ai été condamné pour trahison. Mais tout cela n’as plus d’importance. Je tombe. Malgré la prise d’élan, la course, l’appui, le saut, l’adrénaline, les modifications génétiques, mon saut est trop court, et je tombe. Moins d’une vale entre moi et le bord du toit, je me tends de toutes mes forces, mais ne parviens même pas à effleurer le revêtement plastine règlementaire des bâtiments résidentiels. Me préparant à une chute vertigineuse suivie d’un choc d’une violence inouïe sur les rails, avant d’être ensuite lacéré par les lames de guidage et carbonisé par les rétropulseurs à plasma du tramway, j’en viens à oublier tout le reste.
C’est donc avec une surprise immense que je percute, et brise avec fracas, la fenêtre du dernier étage du bâtiment que j’essayais d’atteindre. En sportif assidu, j’ai le réflexe de rouler pour amortir le choc, qui me laisse malgré tout sonné et douloureux ; rien de cassé je crois, c’est le principal. Lorsque je reprends mes esprits, je réalise que j’ai atterri chez des gens et que les deux enfants, assis sur leur coussin-nuage, me regardent fixement, la bouche grande ouverte, tandis que la fosse holo continue de projeter un dessin animé de l’ancien monde. Je m’arrête un moment, interloqué par les images de ce dinosaure vert jouant d’une guitare d’un rose bonbon et portant des lunettes de ce même rose. C’est le cri de leur mère, restée immobile dans l’encadrement de la porte qui semble donner sur la cuisine, qui me ramène brusquement à la réalité. Je me relève d’un bond, essuie le sang provenant des entailles causée par le verre qui dégouline sur mon front et mes yeux, avant de me précipiter vers la porte d’entrée. Elle donne sur un palier miteux. Où aller ? Je n’ai désormais plus qu’une ou deux minutes d’avance.L'ascenseur ? L’escalier ? Trop évident, ils ont dû cerner le périmètre autour de l’immeuble. Le toit est trop risqué depuis qu’ils savent que c’est mon chemin de fuite privilégié. Comme toute personne dans ma situation, mon instinct me pousse à courir vers la porte où figure l’intitulé «Sortie de secours », et c’est ce que je fais. Ladite porte donne sur un escalier de métal, bruyant au possible, qui descend jusque dans une ruelle au bout de laquelle est stationné un NEC de la milice. Les agents ont le dos tourné, il faut en profiter pour m’esquiver discrètement. Les balcons de l’immeuble voisin sont à portée de saut, et après en avoir repéré un où l’atterrissage est susceptible d’être silencieux, je monte sur la rambarde et m’élance. J’ai peut-être légèrement sous-évalué la distance, mes mains agrippent le rebord et mon corps est violemment plaqué contre la paroi à cause de mon élan. Je me hisse sur le balcon dans un grognement dû à l’effort et à la douleur, et me laisse tomber de l’autre côté, à l’abri des regards. Les agents n’ont pas l’air d’avoir entendu, parfait. J’escalade la séparation avec le balcon d’à côté et me laisse tomber, pour me retrouver nez-à-nez avec un homme en train d’étendre son linge. Avant qu’il ne puisse réagir, je l’assomme en portant un coup du plat de la main sur sa tempe. Il s’effondre dans mes bras et je le dépose délicatement sur le sol. Je me déshabille et attrape des vêtements que j’enfile, afin de présenter une apparence de civil plutôt que celle d’un condamné en fuite. Je profite de la salle de bain pour me raser et nettoyer le sang sur mon visage, puis quitte l’appartement après avoir laissé un petit mot d’excuse sur la table accompagné d’argent pour rembourser les vêtements empruntés. Avec mes cheveux coupés courts, ma barbe rasée et mon short trop grand, c’est à peine si je me reconnais en passant devant le miroir du hall d’entrée de l’immeuble. Je m’éloigne du quartier surveillé par la police en essayant d’afficher un air aussi détendu que possible. Bien que la tentation soit forte de me rendre à l’hôpital pour soigner mes blessures, la raison me pousse cependant à poursuivre ma route en direction des quartiers pauvres où se trouve l’usine au sommet de laquelle mon ami semble avoir élu domicile.


I hope you enjoyed :)

25/04/2010

Histoire (2.4)

Sous nos pieds s’étend une immense vallée entourée de hautes falaises rouge aux parois verticales, leur base disparaissant sous la cime des arbres gigantesques. Tout semble disproportionné, des dizaines d’anciens buildings en ruines sont recouverts par la verdure ou portent d’impressionnants champignons aux couleurs improbables. Plus loin un lac turquoise bordé d’imposantes fougères orangées attire inexorablement mon regards tant il est beau. Enfin les rayons du soleil couchant apportent l’ultime touche à ce tableau irréel, en se reflétant sur les nombreuses vitres polarisées encore en place. Alors que je contemple la nature agitée par le petit vent du soir, je sursaute lorsque je sens la main de ma sœur saisir la mienne et la serrer, émue par la beauté du paysage. Je cherche la main d’Ash sur ma gauche et la serre elle aussi. Et nous restons planté la tous les cinq à contempler ce chef-d’œuvre de la nature, aucun de nous n’ayant prononcé une parole depuis que nous avons émergé dans la lumière.
Au bout de quelques instants de pure extase visuelle, Yawn prend la parole, avec sa sensibilité habituelle digne d’une bûche.
-Bon c’est pas tout ça, mais j’ai faim. Et il faut trouver un endroit où dormir avant que la nuit tombe.
-Ah bravo, bien, bonjour la délicatesse hein, lance ma sœur en mi amusée mi courroucée.
-C’est vrai que bon, c’était pas le top niveau formulation, dis-je. Mais il n’as pas tort, il faudrait trouver un abri rapidement.
Lynell s’écarte du groupe, se penche sur le rebord puis revient.
-Il va falloir sortir les cordes encore.
Yawn défait son sac et prépare rapidement l’équipement tandis que Lynell cherche le passage le plus facile pour descendre. Yawn s’approche avec la corde et approuve d’un signe de tête le choix de notre amie.
-Venez par ici, fait-elle sans se retourner.
Ash s’avance.
-Je passe le premier ?
-Ça marche, Lynell et moi on reste ici pour vous assurer, descends en premier et dis-nous comment c’est en bas.
-Compris.
Une fois attaché, il s’approche de la paroi et commence à descendre sans trop de difficulté. Quelques minutes plus tard il nous crie que tout va bien et que nous pouvons le rejoindre. Une fois la corde remontée, je m’approche du rebord, me sangle, et commence à descendre à mon tour. La gravité semble moins élevée dans cette vallée car je sens à peine le poids de mon sac à dos, pourtant non négligeable. J’atteins le sol étonnamment vite et atterris sur un tapis de mousse duquel je m’écarte prestement après m’être détachée. Tout est si grand autour de moi c’est très étrange, comme si c’était moi qui aie rétréci. Ma sœur nous rejoint peu après, et s’étonne elle aussi de la légèreté ressentie. Les sacs de nos deux amis restés en haut touchent bientôt le sol, suivis par la corde toute entière. Nous nous interrogeons du regard, chacun se demandant pourquoi la corde est arrivée avant nos amis, et comment pourrons-ils faire pour nous rejoindre sans corde. La réponse nous arrive bientôt lorsqu’ils arrivent dans notre champ de vision, descendant la paroi en plaisantant, manifestement sereins malgré l’absence totale de protection. Je ne peux m’empêcher de pousser un cri lorsqu’ils se retournent et sautent de la paroi alors qu’ils sont encore loin du sol. Ils atterrissent sans difficulté sur la mousse qui amortit leur chute.
-Frimeurs, vous avez ça dans les gênes, c’est facile pour vous !
Ash a raison même s’il plaisante, j’avais oublié que pour eux cet exercice est presque naturel, Yawn étant Arkhoïl est habitué à vivre en hauteur et donc à l’escalade. Pareil pour Lynell puisque les Lommürs connu pour leur agilité, et qu’elle est issue d’une grande famille de gardes forestiers. Et comme nous le rappellent nos deux acrobates, la gravité est bien plus faible ici, rendant ce saut bien moins spectaculaire. Malgré tout, le saut qu’ils viennent de faire m’impressionne. Mais ce n’est pas le moment d’y penser. Nous reprenons nos sacs et partons en quête d’un abri pour la nuit. L’avancée entre les racines monstrueuses de ces arbres millénaires se transforme vite en parcours du combattant, et sans la faiblesse de la gravité de ce lieu, nous serions déjà tous morts d’épuisement. Tous sauf nos deux acrobates qui escaladent cette végétation démesurée, un sourire béat collé au visage, semblant oublier la charge qu’ils portent et le chemin que nous avons déjà parcouru aujourd’hui. Alors que j’essuie du revers de ma manche la sueur qui commence à perler sur mon front à cause de l’effort, Lynell, perchée sur une haute branche, nous dit que nous sommes près d’un bâtiment dont le toit semble intact. Je pousse un soupir de soulagement à l’idée de poser mon sac et d’arrêter de grimper sur ces foutues branches en travers de mon chemin. De plus la lumière n’a cessé de décliner depuis que nous nous sommes engagés sur le sentier, et est désormais vraiment succincte, le soleil ayant presque disparu derrière les falaises à l’ouest.
Lorsque j’arrive dans ce qui devait être le hall d’entrée de l’immeuble, je m’approche de Yawn et Lynell qui semblent en pleine dispute.
-Mais c’est sale ici, on pourrait chercher un meilleurs endroit pour passer la nuit quand même !
Avant que Lynell ne puisse répondre, je les interromps en laissant tomber mon sac bruyamment sur le sol devant eux.
-Moi je me pose ici et je ne bouge plus. Ce sera très bien.
Il hausse les épaules et s’éloigne, vexé. Il quitte l’immeuble et entreprend de grimper à un tronc non loin, avant de disparaître dans la nuit.
-Qui m’aide à préparer à manger ?
La question me surprend. Lorsqu’il s’agit de préparer à manger, la voix d’Ash se charge d’une assurance et d’un ton de commandement qui ne lui sont pas coutumiers. Je me porte volontaire et sur sa demande, allume un feu pendant qu’il fouille dans son sac de nourriture « empruntée » aux cuisines. Le repas est près en une dizaine de minutes et nous commençons immédiatement à le déguster, à quatre. Après quelques bouchées, Lynell se lève et nous dit qu’elle va chercher notre compagnon.
-Laisse le donc bouder un moment il finira bien par revenir, lance ma sœur.
A force de côtoyer Yawn, nous nous sommes habitués à ses fréquentes sautes d’humeur. Si elles ne nous dérangent pas personnellement, elles nous inquiètent malgré tout car lorsqu’il est dans cet état, il a une fâcheuse tendance à prendre des risques inconsidérés.
-Non j’y vais, on ne connaît pas cet endroit, je suis inquiète. Je reviens dans une heure maximum, promis. Je prendrais le second tour de garde.
Sur ces mots elle se retourne et s’éloigne dans la nuit qui a désormais gagné toute la forêt. Sentant notre fatigue, Ash se propose pour prendre le premier tour de garde, car il dit ne pas avoir sommeil. Son visage tiré dément ses propos, mais comme ma sœur, je suis épuisée que je n’ai pas la force de discuter et m’endors rapidement dans mon duvet, sans même attendre le retour de nos deux amis.

Fin du chapitre premier :)

Histoire (2.3)

Et finalement je me réveille bien avant l’horaire prévue. Je prends donc mon temps pour me préparer, vérifier à nouveau tout le matériel que je prends avec moi, et engloutir un solide petit déjeuner. En remontant dans ma chambre je croise ma sœur qui s’apprête à descendre prendre, elle aussi, une royale collation avant de partir. Je lui dis de venir me rejoindre dans ma chambre pour attendre le lever du jour, puis m’en vais revérifier une fois de plus le contenu de mon sac. Quelques minutes plus tard ma sœur arrive en compagnie de Lynell, toutes deux portant sur le dos leur sac, prêtes à partir. Nous discutons un moment puis décidons d’aller au point de rendez-vous, bien que nous ayons près d’une demi-heure d’avance. Nous avançons prudemment dans l’obscurité tachant de ne pas tomber dans l’herbe encore trempée de l’humidité de la nuit. A notre grande surprise, nous trouvons Yawn et Ash qui nous attendent au pied de l’arbre. Eux aussi semblent pressés de partir. Nous profitons de notre avance pour vérifier que nous nous sommes bien munis de l’intégralité des affaires inscrites sur la liste, puis décidons de partir, les premières lueurs de l’aube se profilant à l’horizon. Nous avançons si lentement au début, rendus prudents par l’obscurité encore présente, que le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque nous arrivons au pied du mur végétal, au sommet duquel se trouve l’entrée du puits, objet de notre excursion. L’escalade, bien que rendue plus ardue par la présence pesante de nos sac, ne nous prends cependant pas plus de quelques minutes. Le temps que nous grimpions toutes, les garçons, qui nous avaient devancés, ont ôté leur sac et ont sorti la corde pour descendre.

C’est Yawn qui s’enfonça le premier dans l’obscurité du trou, retenu seulement par la corde qu’Ash laisse couler petit à petit entre ses doigts, afin que la rencontre entre notre ami et le sol ne soit pas trop brutale. Quelques secondes seulement après que la corde se soit détendue, nous indiquant son atterrissage en douceur, sa voix se répercute sur les parois et remonte jusqu’à nous pour nous dire que le matériel d’escalade est en place et que nous pouvons le rejoindre sans problèmes maintenant qu’il est en bas pour assurer notre descente en rappel. Nous voyant indécise ma sœur et moi, Lynell s’avance et enfile avec assurance le baudrier, tandis qu’Ash vérifie la solidité du tronc autour duquel passe la corde, avant d’attacher le mousqueton au harnais de notre amie. Elle s’enfonce dans l’orifice jusqu’à ce que seule sa tête et ses épaules dépassent du sol. Elle se retourne pour prévenir Yawn qu’elle se lance, cale ses pied à plat contre la paroi, s’en éloigne d’un petit coup de talon et descend par petits bonds, avant de disparaître à son tour dans l’obscurité. C’est ensuite au tour de ma sœur de descendre, puis au mien. Cette fois-ci l’atterrissage se fait en douceur et je m’en trouve fort aise ; les autres rient lorsque j’en fais la remarque à voix haute. Ash est le dernier à descendre, et une fois débarrassé du harnachement, il en défait les nœuds et nous attachons les deux extrémités de la corde au sol pour l’empêcher de tomber pendant notre absence. Pendant que les garçons s’affairent à trouver des points d’ancrage, je défais mon sac et en sors plusieurs graines de Luz que je casse pour en répartir la poudre dans plusieurs bocaux que je distribue à chacun d’entre nous. Ainsi éclairée, la pièce nous apparaît dans sa totalité ; le sol de terre est relativement lisse et les murs de pierres arrondis forment une salle d’une demi-douzaine de vales de diamètre. Les parois s’arrêtent net sur le côté est du cercle, créant ainsi une sorte de haut portail donnant sur une galerie qui descend doucement et semble s’incurver quelques vales plus loin avant de disparaître dans l’ombre, hors de portée de nos petites lumières. Le couloir est suffisamment large pour nous permettre d’avancer à plusieurs de front ; Lynell et Yawn ouvrent la marche suivis d’Ash ma sœur et moi. Nous nous arrêtons à chaque croisement pour permettre à Ash d’attacher un petit bout de ficelle pour pouvoir retrouver notre chemin au retour. Pour ma part, je mets ce temps à profit pour dessiner une carte des lieux, faisant bénéficier le groupe de mes maigres talents de dessinatrice. Après quelques heures de marches ponctuées de courtes pauses, nous décidons de nous arrêter pour manger dans une sorte de grande salle d’où partent plusieurs galeries. Le repas est vite avalé tant nous sommes pressés de trouver où débouchent ces galeries et surtout de retourner ensuite a l’air libre, après ces heures passés sous terre avec une angoisse montante due au sentiment d’enfermement. Finalement le désir de retrouver la lumière est plus fort et nous optons pour le chemin qui semble remonter vers la surface. Nous marchons encore quelques heures, les intersections s’ensuivant sans cesse, ralentissant notre avancée et venant encombrer mon plan. La marche devient de plus en plus silencieuse à mesure que nous avançons, la fatigue me semble venir bien plus vite que d’habitude, sans doute à cause du stress. Mais peut-être est-ce simplement dû au fait que nous n’avons aucun moyen de savoir depuis combien d’heures nous avançons dans ces galeries.

Soudain Lynell, qui vient de disparaître derrière l’angle presque droit formé par le virage, pousse un cri de surprise.

-De la lumière !

J’accélère le pas pour pouvoir constater cette bonne nouvelle par moi-même et vois Yawn et Lynell courir en direction d’un rectangle de lumière au bout de la galerie. Lorsqu’enfin j’arrive au bout de ce chemin, je me trouve en compagnie des autres sur un petit balcon naturel sur la paroi abrupte d’une falaise. Et ce que je vois devant moi me laisse sans voix.